
Le contexte de développement du projet
Avec son projet 4U, Safran Landing Systems envisage la création d’une nouvelle usine de production de freins carbone pour l’aéronautique, sur le Parc Industriel de la Plaine de l’Ain (PIPA), à Saint-Vulbas. Cette nouvelle installation vise à renforcer les capacités de production, pour répondre aux besoins de la filière aéronautique en expansion. En effet, après la crise sanitaire, le trafic mondial est reparti durablement à la hausse, tant pour les passagers que pour le fret, avec des perspectives de croissance à long terme. À horizon 2043, le trafic pourrait atteindre près de 7,9 milliards de passagers dans le monde.
Cette dynamique s’accompagne :
- d’un renouvellement progressif des flottes, avec des avions plus récents et plus performants,
- d’un besoin constant de maintenance, les avions en service nécessitant le remplacement régulier de certaines pièces essentielles, comme les freins.
Les freins d’un avion sont des équipements de sécurité soumis à l’usure : ils sont remplacés en moyenne tous les 2 000 atterrissages, soit environ une fois par an pour un avion en exploitation régulière. Environ 80 % des besoins concernent ainsi la maintenance des flottes existantes.
Dans ce contexte, les capacités de production actuelles de Safran Landing Systems devraient atteindre leurs limites à l’horizon 2030. Le projet 4U vise donc à anticiper cette évolution et à sécuriser l’approvisionnement en freins carbone, indispensables au fonctionnement des avions. Par ailleurs, la filière aéronautique est engagée dans une transformation profonde pour réduire son empreinte environnementale. Le projet 4U s’inscrit dans cette dynamique, en intégrant dès sa conception des procédés industriels plus sobres et des choix énergétiques adaptés.

Les enjeux du projet
De premières analyses environnementales ont été engagées afin d'identifier les principaux enjeux du projet :
Construction : une approche environnementale appliqué au bâti industriel ;
Eau : réduire les consommation, limiter les rejets, mieux gérer les eaux de pluies ;
Mobilités : limiter les impacts liés aux déplacements ;
Rejets atmosphériques : maîtriser, réduire et suivre les émissions ;
Déchets : valoriser les sous-produits ;
Biodiversité : préserver et favoriser les continuités écologiques ;
Paysage : veiller à l'intégration dans le PIPA ;
Acoustique : anticiper et limiter les effets sonores ;
Agriculture : organiser la transition de la parcelle.
Le projet relève du régime des Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE) soumises à autorisation.
Pourquoi une installation au sein du PIPA ?

Un territoire industriel de référence : l'Auvergne-Rhône-Alpes est la première région industrielle française, avec un tissu économique, des compétences et une culture industrielle reconnus.
Un environnement local structuré pour accueillir l'industrie : le PIPA dispose d'infrastructures mutualisées, et s'inscrit dans une politique de développement économique portée par la Communauté de communes de la Plaine de l'Ain
Des partenaires industriels et académiques : le territoire bénéficie d'un écosystème de projets et de formations aéronautiques, comme le futur campus aéronautique et spatial d'Ambérieu-en-Bugey
Une implantation propice aux synergies industrielles, notamment avec la proximité du site historique de Villeurbanne.

Comprendre le projet 4U
Les freins carbone constituent aujourd’hui une technologie de référence sur les avions récents, notamment ceux de plus de 100 places. Ce matériau est le plus performant connu : offrant la meilleure résistance aux contraintes thermiques et mécanique de freinage aéronautique, il est également le plus léger. En effet, il peut être jusqu'à quatre fois plus léger qu'un frein en acier à performance équivalente. Cette réduction de masse contribue à diminuer la consommation de carburant des avions et, par conséquent, leurs émissions de C02. Ces freins sont constitués d’un matériau composite carbone/carbone, qui associe des fibres de carbone, assurant la résistance mécanique, et une matrice carbone, qui assure la cohésion du matériau.
La fabrication repose sur plusieurs étapes successives. D'abord, les fibres textiles sont mises en forme à partir de polyacrylonitrile (PAN). Elles sont ensuite transformées en carbone par traitement thermique, lors d’une phase dite de carbonisation. Une étape de densification permet ensuite de former le composite carbone/carbone, avant des traitements thermiques complémentaires. Enfin, les pièces sont usinées à leur forme définitive. Les disques font l'objet de contrôle qualité tout au long du processus pour garantir leur conformité.
Le projet 4U s’appuiera sur des procédés industriels de nouvelle génération, développés notamment à partir de programmes ambitieux, expérimentés et validés sur le site de Villeurbanne. Ces procédés de nouvelle génération permettront d'améliorer significativement la performance environnementale de la production. L’objectif est de concevoir une usine plus sobre et plus efficace.
L’usine devra également être raccordée au réseau de transport d’électricité. Ce raccordement, sous maîtrise d’ouvrage RTE, prendra la forme d’une liaison électrique souterraine en 63 kV, d’environ 5 km, reliant le site au poste électrique existant de Saint-Vulbas.
Le développement du site est prévu en deux tranches : une première mise en service à l’horizon 2030, et une seconde tranche d’extension à partir de 2033 pour accompagner la croissance des besoins.
À terme, le site devrait accueillir environ 125 emplois directs, principalement dans des métiers industriels et techniques (opérateurs, techniciens, ingénieurs et cadres).
Consultez le dossier de concertation
Consultez la synthèse du dossier de concertation
Les documents présentés à la concertation ont été modifiés par les maîtres d'ouvrage après le passage en Commission CNDP du 6 mai 2026. La CNDP a été informée de cette modification.
LE PROJET 4U C'EST :

Les porteurs du projet
Le projet 4U est porté par Safran Landing Systems, leader mondial des systèmes d’atterrissage et de freinage pour les aéronefs civils et militaires.
L’entreprise conçoit, produit et assure la maintenance de ses équipements, présents sur plus de 35 500 aéronefs* dans le monde. Elle est notamment leader mondial des freins carbone pour les avions civils de plus de 100 places.
Safran Landing Systems est une société du groupe Safran, acteur international majeur de l’aéronautique, de l’espace et de la défense, qui développe des technologies de pointe avec des exigences fortes en matière de sécurité, de performance et de réduction des impacts environnementaux.
Un aéronef désigne tout appareil capable de s'élever ou de circuler dans les airs (avions, hélicoptères, aérostats, etc.).
La maîtrise d’ouvrage du raccordement électrique nécessaire à l’alimentation du site sera assurée de manière indépendante par RTE (Réseau de Transport d’Électricité), gestionnaire du réseau public de transport d’électricité en France. À ce titre, RTE conçoit et réalise les infrastructures de raccordement au réseau haute tension, dans le cadre de ses missions de service public.

La concertation préalable
En raison de la nature du projet et de son montant (compris entre 300 et 600 millions d’euros HT), Safran Landing Systems et RTE ont saisi la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) début 2026.
Lors de sa séance du 4 février 2026, la CNDP a décidé l’organisation d’une concertation préalable, sous l’égide de deux garants indépendants, conformément à l’article L.121-8 du Code de l’environnement :
Denis Cuvillier (denis.cuvillier@garant-cndp.fr)
Jean-Michel Thornary (jean-michel.thornary@garant-cndp.fr)
Cette concertation se déroule du 27 mai au 17 juillet 2026.
Elle permet à chacun de s’informer sur le projet, et de participer en posant des questions, en formulant des avis et des propositions. Elle porte sur l’ensemble des dimensions du projet : son opportunité, ses caractéristiques, ses impacts environnementaux et socio-économiques, ainsi que les alternatives étudiées.
La participation et les contributions du public seront analysées et feront l’objet d’un bilan indépendant rédigé par les garants. Sur cette base, les porteurs du projet préciseront les suites qu’ils entendent donner au projet et les éventuelles évolutions envisagées.

